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Dans le cadre d'une demande d'Insémination Artificielle
avec Donneur (IAD), les couples sont amenés à me rencontrer. Le
législateur a prévu deux rencontres obligatoires avec un psychiatre,
mais il arrive que je demande à rencontrer certains couples une
ou plusieurs fois supplémentaires. Je reçois les couples à mon cabinet,
les entretiens durent une heure, ils se déroulent comme une discussion
semi-informelle.
Deux questions cruciales sont notamment abordées au
cours de ces entretiens. Celle de l'acceptation du don, et celle
du secret de l'IAD.
Concernant le premier point, il s'agit de savoir de quelle manière,
et jusqu'à quel point, les deux membres du couple acceptent ce don.
Est-ce une acceptation " forcée ", ou une acceptation de circonstance,
une acceptation pour faire plaisir ou une compensation, ou encore
une acceptation librement consentie, de part et d'autre et ensemble
?… De la réponse à cette question dépendra la manière dont les membres
du couple aborderont respectivement et ensemble leur avenir et celui
de la famille qu'ils souhaitent créer.
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Concernant le second point, il s'agit de savoir si
les membres du couple ont décidé de parler ou non à leur futur enfant
des conditions de sa conception, s'ils ont décidé de dévoiler ou
de taire le secret de l'IAD. Dans tous les cas, nous discutons des
motivations de chacun à dire ou ne pas dire ce secret à leur futur
enfant. Je n'attends pas de réponse a priori, c'est-à-dire une réponse
plutôt qu'une autre, je fonde plutôt mon opinion sur l'authenticité
et la nature des motivations et des explications de chacun.
Dans les cas où les couples ont choisi d'en parler à l'enfant, je
leur recommande de commencer à en parler dès que l'enfant est prêt
à écouter des histoires (entre 12 et 24 mois).
Dans les cas où les couples ne souhaitent pas en parler, je leur
demande d'imaginer différents scénarios dans lesquels leur enfant
viendrait quand même un jour à découvrir ce secret. Nous discutons
des avantages et des inconvénients respectifs du Dire ou du Ne-pas-dire.
Je laisse toujours le couple libre de choisir, en conscience. Dans
tous les cas, je recommande au couple de laisser cette question
ouverte, afin de ne pas gêner la libre expression au sein du couple,
du travail psychique de l'un ou l'autre par rapport à cette question.
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