Le spermogramme standard.
Cet examen qui vise à caractériser les spermatozoïdes
du point de vue de leur quantité et de leur qualité,
est réalisé après avoir effectué un
recueil de sperme au laboratoire par masturbation.
Le spermogramme va permettre de détecter d'éventuelles
anomalies dont les plus informatives concernent le nombre de spermatozoïdes,
leur mobilité et leur forme.
Le nombre de spermatozoïdes est calculé par mililitre
de sperme.Les normes en vigueur, définies par l'Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), prévoient qu'un sperme
est dit normal si on y trouve plus de 20 millions de spermatozoïdes
par mililitres (voir tableau).
On parle d'azoospermie lorsqu'il n'y a aucun spermatozoïdes
dans l'éjaculat. Dans ce cas, il faut déterminer s'il
s'agit d'une abscence de fabrication de spermatozoïdes (azoospermie
sécrétoire) ou d'un problème de canal obstrué
(azoospermie excrétoire). Pour différencier les deux
cas, on fera dans un premier temps une analyse biochimique du sperme
(voir plus bas) et une prise de sang (dosage de la FSH).
Le spermogramme apporte aussi des informations sur la mobilité
des spermatozoïdes.
La mobilité des gamètes, conférée par
leur flagelle animé de mouvements incessants, est un critère
de qualité important : des spermatozoïdes insuffisamment
mobiles ne peuvent pas parcourir le chemin nécessaire à
travers les voies génitales féminines pour aller à
la rencontre de l'ovocyte et le féconder.Un sperme est dit
normal si plus de 50% des spermatozoïdes ont une mobilité
progressive.
Enfin on dit qu'un sperme est normal du point de vue de la morphologie
des gamètes si plus de 30% des spermatozoïdes ont une
tête de forme normale. Les spermatozoïdes ayant une anomalies
de forme de la tête ont en effet des difficultés à
traverser la glaire féminine, mais aussi les enveloppes qui
entourent l'ovocyte; ils ont donc beaucoup moins de chance de féconder
ce dernier.
Il faut savoir cependant que les valeurs normales peuvent varier
selon les sources.
Dans notre laboratoire, les valeurs minimales ont été
choisies après analyse de 500 donneurs français ayant
prouvé leur fertilité. Dans ce modèle, le nombre
de spermatozoïdes doit être superieur à 40 millions
par mililitre, le pourcentage de mobilité progressive doit
être supérieur à 40%, et celui des spermatozoïdes
à morphologie normale à 50%
Les autres paramètres du spermogramme standard ont également
un intérêt : le volume (on parle d'hypospermie quand
il est diminué, d'aspermie quand il est nul et d'hyperspermie
quand il est augmenté), la viscosité, le PH (qui peut
révéler une pathologie prostatique) et la vitalité
(pourcentage de spermatozoïdes vivants par mililitre).
Enfin la présence d'agglutinats de spermatozoïdes peut
signer la présence d'anticorps antispermatozoïdes et
la présence de globules blancs témoigne d'une infection
des voies génitales masculines. Dans ce dernier, une spermoculture
sera réalisée afin d'identifier le germe causal ainsi
que la liste des antibiotiques actifs sur le germe.
Les examens spécialisés de spermiologie
Dans certaines circonstances, des examens spécialisés
peuvent être demandés en dehors du simple spermogramme.
- Recherche d'anticorps antispermatozoïdes. Cette
recherche se fait sur les spermatozoïdes, dans le plasma
séminal qui contient les spermatozoïdes et dans
le sang. Elle peut aussi etre effectuée chez la conjointe
dans la glaire cervicale et dans le sang.Cette recherche est
généralement faite devant la présence d'agglutinats
de spermatozoïdes dans le sperme, ou l'orsque l'on constate
une anomalie du mouvement des spermatozoïdes dans l'éjaculat
ou dans la glaire cervicale au cours d'un test post-coïtal.
- La biochimie séminale : elle consiste à
doser différentes molécules en cas d'absence de
spermatozoïdes dans l'ejaculat (carnithine, alpha-glucosidase,
citrate, phosphatases acides, zinc, fructose). Ces dosagespeuvent
mettre en évidence un obstacle ou une malformation sur
les voies d'excrétion des spermatozoïdes (épididyme,
canal déférent, vésicules séminales,
prostate).
- Analyse automatisée du mouvement des spermatozoïdes
: cette analyse réalisée par ordinateur peut
permettre de déceler des anomalies du mouvement non visibles
au microscope. Elle est demandée en cas d'échec
inexpliqué de fécondation en FIV.
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Valeurs normales du spermogramme
selon l'OMS
| Volume. |
>= 2,0 mililitres. |
| pH. |
7,2 - 8 |
| Nombre. |
>= 20 millions par militre. |
| Mobilité. |
>= 50% de mobilité progressive. |
| Morphologie. |
>= 30% de formes normales. |
| Vitalité. |
>= 75% de formes vivantes. |
| Agglutinats. |
Absence. |
| Globules blancs. |
< 1 million par mililitre. |
Anomalies
D'autres analyses ont été décrites mais
sont aujourd'hui moins pratiquées depuis l'avènement
de l'ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes)
; ces analyses sont :
- l'étude de la fixation des spermatozoïdes à
la zone pellucide : elle consiste à observer la capacité
des spermatozoïdes à se fixer sur des enveloppes
d'ovocytes.
- l'étude de la réaction acrosomique : elle évalue
la capacité des spermatozoïdes à larguer
les enzymes responsables de la pénétration des
spermatozoïdes dans l'enveloppe ovocytaire.
- l'étude de la maturité nucléaire des
spermatozoïdes par la coloration au bleu d'aniline ou à
l'acidrine orange.
- l'étude de la pénétration des spermatozoïdes
dans des ovocytes de hamster (hamster-test).
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